à lire et méditer !

Marine Le Pen : "Si j'étais présidente..."

Cet entretien figure dans le numéro du 12 juillet 2010 de Paris-Match.

Il a été réalisé par Mariana Grépinet.

Référendum sur la peine de mort, suppression du droit du sol,

moratoire sur l’immigration, Marine Le Pen en pleine ascension dans

les sondages, nous a détaillé ses projets si elle devenait chef de

l’État. Tout un programme !

PM : Chef de l’État, quelles mesures prendriez vous immédiatement ?

MLP : Je fermerais les frontières. Je ferais un moratoire sur l’immigration.

Puisque nous avons 5 millions de chômeurs, il n’y a aucune raison

d’importer des chômeurs supplémentaires. Je mettrais en place une

politique dissuasive d’immigration, c’est-à-dire que je lancerais un signal

très clair aux étrangers. Nous n’avons plus les moyens de prendre en

charge pour eux l’éducation, les soins, les allocations familiales… Je

changerais le code de la nationalité pour supprimer le droit du sol. La

nationalité française s’hérite ou se mérite. J’appliquerais aussi les lois en

matière de déchéance de la nationalité. Ceux à qui nous avons eu la

générosité d’accorder la nationalité française doivent pouvoir la perdre s’ils

ne respectent aucune des règles de notre pays. Je rétablirais ce que

Nicolas Sarkozy a appelé fallacieusement «la double peine». Un étranger

qui a commis un crime ou un délit pourrait être renvoyé dans son pays.

PM : François Fillon a récemment inauguré une mosquée à

Argenteuil. Que feriez-vous?

MLP : Il faut une laïcité ferme, saine et juste. Les mosquées ne doivent pas

être financées avec des fonds publics. J’interdirais aussi les financements

étrangers. Les lieux de culte doivent être financés par les fidèles. Je

chasserai de l’école toute revendication communautariste ou religieuse, et

je bannirais ces revendications en inscrivant, dans la Constitution, que la

République ne reconnaît aucune communauté.

PM : Vous prôneriez un retour au protectionnisme…

MLP : J’appelle cela le patriotisme économique. Je suis pour une taxe aux

frontières, qui financerait en partie les retraites et permettrait de lutter

contre la concurrence déloyale que représente l’importation de produits

issus de pays qui n’ont pas les mêmes charges ni les mêmes règles que

nous. Mais surtout, je ferais des économies. Il faut lutter contre la fraude

sociale. Et puis, il y a le coût de l’immigration qui se chiffre en dizaines de

milliards d’euros par an.

PM : Que feriez-vous pour relancer la croissance ?

MLP : Il faut retrouver la maîtrise de notre monnaie. L’euro est condamné.

Il faut mettre en place une « déprivatisation » de l’argent public et rétablir la

Banque de France dans sa capacité de financer l’État. Une des choses qui

nous ruine, c’est le recours aux emprunts auprès des marchés financiers

internationaux.

PM : Parmi les sympathisants frontistes, les ouvriers et employés

vous plébiscitent. Que feriez-vous pour eux ?

MLP : Ils bénéficieront du rétablissement des frontières, puisque 64 % des

emplois industriels ont disparu en dix ans à cause de la concurrence

internationale.

PM : Face à ceux que vous appelez les « banksters », quelles mesures

mettriez-vous en place ?

MLP : Il faut taxer la spéculation, revenir à la finance à la française.

L’entreprise doit pouvoir s’appuyer sur un capital qui ne soit pas spéculatif.

Lorsque vous achèterez des actions, si vous les revendez le lendemain,

vous paierez tellement d’impôts que ça n’aura plus d’intérêt. Plus vous

conserverez longtemps vos actions, moins vous paierez d’impôts.

PM : Que proposeriez-vous contre les violences dans les banlieues ?

MLP : Il faut revoir de fond en comble la politique contre l’insécurité.

Premièrement, on manque de places de prison, ce qui fait que notre

système carcéral est une véritable honte. En attendant la construction de

nouvelles prisons, je transformerais les hôpitaux et les casernes, que l’État

est en train de vendre, en centres carcéraux, éventuellement ouverts.

Deuxièmement, je donnerais des instructions pour que les peines

prononcées soient à la hauteur des méfaits commis. Il y a un effondrement

de l’échelle des peines qui fait que la sanction n’est plus crainte.

J’imposerais la perpétuité réelle et définitive, et organiserais un référendum

sur la peine de mort. Enfin, je protégerais la police et je lui donnerais des

moyens pour remettre de l’ordre dans notre pays. Il faut aller dans les

banlieues mettre les caïds hors de nuire. Je ferais voter la présomption de

légitime défense pour les forces de police. Parce qu’un État dans lequel les

policiers ne peuvent plus se défendre est un État qui n’a plus qu’à tirer

l’échelle. Un État qui a peur est un État qui est mort.

 

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